Louis Malle est un rare example
de cinéaste français qui a achevé une réputation
comme réalisateur de films pas seulement dans son propre pays mais
à travers le monde, et surtout aux Etats-Unis. Il n'avait
pas peur d’aborder des thèmes difficiles et on trouve dans son cinéma
une immense diversité de sujets.
Malle est né en 1932
à Thumeries, près de la ville de Lille au nord de la France,
dans une riche famille bourgeoise qui avait fait sa fortune dans la production
de sucre depuis les guerres napoléoniennes. En 1940, à
l'âge de 12 ans, il est entré dans un internat catholique
près de Paris (avec ses trois frères), une école qui
abritait les élèves juives. Les événements
tragiques de cette époque sont bien rapportés dans Au Revoir
les enfants (1987), un des meilleurs films du réalisateur.
Après la guerre, Malle
a commencé ses études en science politique à l’Institut
d'études politiques de Paris, mais, contre le gré de ses
parents, il a decidé de l’abandonner et de suivre un cours d’études
de film à l’institut des Hautes Études Cinématographiques.
Pas longtemps après cela, il a été recruté
en tant qu’opérateur de photo par le célèbre explorateur
sous-marin, Jacques-Yves Cousteau. Il a travaillé comme
co-réalisateur sur le film documentaire de Costeau, Le Monde
du silence en 1956,et puis comme régisseur pour le très
grand cinéaste Robert Bresson.
La fin des années
50 et le début des années 60 était un temps passionnant
et turbulent pour le cinéma français, avec l’arrivée
d’un grand troupeau de jeunes réalisateurs qui auraient trouvé
la renommée immédiate. Un de ces jeunes prétendants
de cette nouvelle vague était Louis Malle, qui a emporté
un succès instantané avec son premier film, L'Ascenseur
pour l'échafaud (1958). Dans ce film on constatait
le talent de Jeanne Moreau, une actrice qui deviendrait un favori pour
les autres réalisateurs de la nouvelle vague (notamment François
Truffaut).
On a retouvé Jeanne
Moreau dans le prochain film de Malle, Les Amants (1959), un portrait
un peu choquant du désir d'une femme mariée qui l’a poussée
de chercher un amour fou en dehors du mariage. Ce film a été
condamné et censuré aux Etats-Unis pour ses scènes
d’amour explicites et prolongées, des scènes qui étaient
vraiment érotiques et audacieuses pour son époque.
Une caractéristique
qu’on trouve dans le cinéma de Louis Malle est cette immense diversité
de sujets. On a l’impression qu’il était un réalisateur
qui était toujours motivé d’essayer quelque chose différent,
de ne pas poursuivre le même chemin deux fois. Ça peut
expliquer pourquoi il a fait Zazie dans le métro (1960),
un contraste total avec ses films précédents. Ce film
est un farce plein de gags et d’énergie, dans lequel une jeune fille
boulverse toute la ville de Paris quand son désir à voyager
dans le métro est contrarié par une grève.
D'autres succès ont
suivi, parmi lesquels on note Vie privée (1962), dans lequel
Brigitte Bardot nous a donné un quasi-autoportrait d’elle même,
et Le feu follet (1963), une histoire mélancholique d’un jeune écrivain
qui est sur le point de se suicider.
Après le tournage
des Voleurs en 1967, Malle a declaré qu'il en avait marre
de l’industrie film d’occident. Donc, il a voyagé en Inde,
où il a réalisé deux films documentaries sur la pauvreté
qu’il a vu dans ces pays, Calcutta et L'Inde Fantôme .
Après son retour en
France, Malle a encore suscité la polémique avec son prochain
film, Le Souffle au coeur (1971). Cette fois, il s’agissait
d’un un rapport incestueux entre une jeune femme et son fils d'adolescent.
Lacombe Lucien (1974) était également un film controversé
à cause de son représentation d’un adolescent français
corrompu par les Nazis.
Vers la fin des années
70, à la recherche de la nouvelle inspiration et du nouveau territoire,
Louis Malle s'est déplacé aux Etats-Unis, où il ferait
une demi-douzaine de films, dont la plupart étaient féliciter
par les critiques. On remarque particulièment Pretty
Baby (1978), une histoire d'un photographe et d'une prostituée
adolescente (joué par Brooke Shields, son premier rôle principal)
et Atlantic City (1980), une étrange histoire d’amour entre
un vieux gangster et une jeune femme.
Après presque dix
ans aux Etats-Unis, Malle s’est retrouvé en France en 1987 pour
réaliser un de ses meilleurs films, Au revoir les enfants,
un film qui a reçu deux nominations aux Oscars. C’était
un récit autobiographique, très émouvant, de ses éxperiences
dans une école religieuse pendant la deuxième guerre mondiale.
Ceci a été suivi par un comédie satirique, Milou
en Mai ( 1989), dont le thème était la suffisance d’une
famille bourgeoise pendant les manifestations à Paris en 1968.
Le dernier film de Louis
Malle était Vanya on 42nd Street (1994), une adaptation modeste
de la pièce Uncle Vanya de Chekov. Il est mort l'année
suivante, 23 novembre 1995, d'un cancer. Un des plus grands cinéastes
de sa génération, Louis Malle nous a laissé quelques
oeuvres exceptionnellement belles et surprenantes, qui nous donnent un
autre regard sur un monde aussi complex et divers que son cinéma.
English translation
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